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Christian De Faria : «Notre priorité, c’est de consolider notre position en Afrique »

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Fort de ses 17 opérations africaines, avec plus de 66 millions d’abonnés et près d’un milliard de dollars d’investissements prévus, Bharti Airtel, le 4ème opérateur mobile mondial, a de grandes ambitions sur le continent. Réseau Telecom a échangé avec le premier responsable des opérations africaines, Christian De Faria. Toujours ouvert et pragmatique, il parle des réalisations d’Airtel et attire l’attention des régulateurs sur leur responsabilité dans le partenariat à créer avec les opérateurs, pour la mise en place des moyens modernes de télécommunications en Afrique. Propos recueillis par Serge Patrick Séry

 

Reseau Telecom Network : Comment va le groupe Airtel en Afrique ?

Christian De Faria : Airtel se porte très bien dans l’ensemble en Afrique, malgré les différents changements de ressources et de stratégie que nous avons faits dans certains pays où nous opérons. Nous avons accru ces dernières années notre nombre d’abonnés. Nous sommes numéro un dans dix pays et numéro deux dans quatre pays. Notre priorité, c’est de mieux consolider notre position en Afrique.

Airtel compte revendre près de 15 000 pylônes. Comment justifier ces cessions d’actifs pendant que vous prévoyez d’investir?

Quand on parle de réseau il y a deux éléments à prendre en compte. Les éléments passifs, les pylônes, et les éléments actifs, tout ce qui est autour des pylônes. Pour réduire les coûts de maintenance, Airtel et tous les autres opérateurs d’ailleurs, ont décidé de partager les éléments passifs et d’en céder la gestion à des tower companies. Dans tous les pays désormais, il n’est plus courant de voir deux pylônes de deux opérateurs concurrents côte à côte. Cela permettra à moyen et long terme d’améliorer les coûts d’exploitation. Ce n’est en aucun cas un abandon de nos responsabilités en termes d’investissements.

Le nombre de vos abonnés data a fortement augmenté. Qu’est-ce qui a favorisé cela ?

Il est vrai que notre nombre d’abonnés data a augmenté ces dernières années de manière spectaculaire. Aujourd’hui, 33% de nos abonnés utilisent la data contre 18% par le passé. Beaucoup d’entreprises utilisent également nos services data. Je pense que tous sont convaincus par la qualité du service fourni au consommateur. Nous investissons considérablement dans les équipements sur le continent en Afrique pour accroître la qualité de nos services. Certes, la plus grande partie de nos investissements vont sur la voix, mais sur la data également.

Votre groupe a la plus grande couverture 3G en Afrique au regard du nombre de pays où cette technologie est lancée. Où en est Airtel sur le continent en ce qui concerne la 4G?

Nous offrons effectivement la 3G dans 16 pays sur 17 où nous opérons. Le seul pays où nous n’avons pas encore lancé la 3G est le Niger. Nous misons au maximum sur la 3G en attendant que la plupart des terminaux en Afrique soient compatibles 4G. Cependant nous offrons déjà la 4G au Gabon.

Est-ce que vous êtes satisfaits des retombées d’Airtel Money ?

Airtel Money permet de réaliser de nombreuses transactions financières. Par exemple de payer des factures d’électricité, d’envoyer de l’argent de la capitale à des tierces personnes (en province). Nous sommes très satisfaits du nombre d’abonnés ayant déjà souscrit à ce service. Et il y a également des sociétés qui paient leurs employés grâce à ce service. Il y a énormément de cas pratiques qui attestent de l’efficacité d’Airtel Money, comme payer ses achats au supermarché au Kenya, payer ses factures Canal+ dans plusieurs pays francophones. Il est indéniable qu’Airtel Money a amélioré la vie des populations.

Quels étaient les objectifs visés par les offres Thuraya au sein de votre portefeuille de produits ?

Le partenariat avec Thuraya nous permet de connecter des populations qui sont hors de  notre zone de couverture. Dans des zones reculées où nous n’avons pas forcement d’antenne relais, Thuraya nous permet d’étendre nos services.

Que fait le groupe Airtel pour l’Afrique en matière de RSE?

Nous sommes à cheval sur deux axes majeurs: l’éducation et le sport. Airtel réalise chaque année des projets de construction ou de rénovation d’écoles pour les villages. Par ailleurs, avec le programme « Airtel jeunes talents », des jeunes africains de moins de 17 ans ont pu exprimer leur talent footballistique. En outre, dans les quatre premières années au Gabon, nous avons lancé un projet d’électrification. Nous pensons également à aider au développement de l’entreprenariat chez les jeunes sans emploi et chez les femmes.

L’Afrique est-elle un eldorado passé dans les télécoms?

Il y a encore de la croissance en Afrique, même si dans de nombreux pays le taux de pénétration de la téléphonie est déjà important. Il y a énormément de potentiel en Afrique. Il y a beaucoup de populations qui ne sont pas couvertes. Il y a des investissements à faire pour qu’il y ait des moyens de télécommunication modernes. Airtel va continuer à investir pour participer de façon active au développement économique et social de l’Afrique.

Votre mot de fin?

Il y a énormément de travail à faire pour accroître les moyens de télécommunication en Afrique. C’est pourquoi je milite pour que les relations s’améliorent entre les régulateurs et les opérateurs dans beaucoup de pays. Les régulateurs doivent nous considérer comme partenaires. Nous devons avoir un objectif commun, celui de donner accès à des moyens de communication modernes à toutes les populations africaines.

Interview paru dans le magazine Reseau Telecom Network N°72 de Juillet 2014, Abonnez-vous ici

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